Ces antagonistes caricaturaux qui existent en vrai

Lorsqu’on écrit une histoire, on définit également une galerie de personnages. Et tout le monde sait qu’il n’y a pas de bonne histoire sans un méchant de qualité. Un antagoniste qui permet aux héros de briller. Malheureusement, la réalité dépasse parfois la fiction. À notre plus grande surprise.

Pourquoi est-il si méchant ?

Ceux qui ont lu la toute première version de Dead Men’s Tales ou le premier jet de Dead Man’s Hand se souviennent peut-être des antagonistes. Nous avons essayé de conserver les archétypes du film de pirates et du western sans tomber dans la caricature du militaire d’Avatar de James Cameron, qui est méchant pour les mêmes raisons que l’Orangina Rouge.

Et pourtant !
Il nous est souvent arrivé de créer un personnage en faisant tout pour qu’il soit nuisible, puis de le rejeter parce qu’il n’est pas crédible, car trop caricatural, tout ça pour le voir élire président des États-Unis d’Amérique quelques années plus tard !
McGrath dans l’ébauche de Dead Man’s Hand, pour ceux qui savent ? (Ceux qui ne savent pas sont invités à se sentir exclus.)

Des antagonistes plus nature que vrais

Gabriel Marie Lenthall, le séduisant salopard

Dans la première version Dead Men’s Tales, Gabriel Lenthall était le commandant de la garnison de Port-Royal. Nous l’avions dépeint comme un être sans foi ni loi, entièrement dévoué à la British East India Company du moment qu’elle assurait un avenir moulé pour des gens comme lui. Jeune, charmant, élégant et instruit, mais entièrement vendu : sa première mouture était beaucoup trop unidimensionnelle.
Aussi, lorsque nous avons repris l’écriture du livre, nous avons corrigé le tir.

Et devinez quelle vénus de carrefour vendue aux banques d’affaires a été élue président de la République française en 2017 ?

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron dans le rôle de Gabriel Lenthall

Non, parce que Gabriel Lenthall et Emmanuel Macron, ce sont les mêmes. Une vision limitée du monde, un refus d’accepter ce qui ne rentre pas dans une dimension marchande et un je-m’en-foutisme d’autrui absolument aberrant. Le tout avec des sympathies pour les pires réactionnaires alentour.

Simon McGrath, l’idiot de service

Simon McGrath était un riche propriétaire terrien qui donnait du fil à retordre à nos héros dans le tout premier jet de Dead Man’s Hand. Le géniteur d’une ribambelle d’enfants superficiels dont son actuelle femme, beaucoup plus jeune que lui, n’était pas la mère. Menteur, voleur, escroc, il ne reculait devant rien pour acquérir des terres qu’il revendait par la suite à l’Union Pacific Railroad Company, quand il ne construisait pas dessus des établissements destinés à aspirer les deniers des voyageurs. De plus, il était manipulé par un homme politique directement depuis le Capitole.
Nous l’avions décrit comme bedonnant, aussi plaisant à regarder que Jean-Marie Le Pen, intellectuellement limité, peu cultivé et ridicule au point d’en devenir rapidement agaçant. Pour couronner le tout, nous l’avions affublé de gaz aussi sonnants qu’intempestifs. Bref, nous désirions un antagoniste aussi ridicule et méprisable que détestable.

Et devinez quel affreux pitre a été élu président des États-Unis d’Amérique en 2017 ?

Donald Trump
Donald Trump dans le rôle de Simon McGrath

McGrath père, c’est Donald Trump. La seule différence, c’est la peau orange du type qui ne sait pas utiliser l’autobronzant et la coiffure ridicule. Mais comme nous n’avions pas spécifiquement décrit le physique de Simon McGrath, je ne peux m’empêcher de penser à Donald Trump à chaque fois que j’entends ou que je lis son nom.

Comme Mc Grath était un personnage très secondaire relié à une histoire particulière au sein du livre, nous avions décidé de le supprimer dans la version finale. Mais depuis les élections présidentielles américaines, franchement, on se tâte à le faire revenir.

En bonus, saviez-vous qu’en vieil argot britannique, « to trump » signifie « péter bruyamment » ?
Franchement, si ce n’est pas le destin…

Kathleen Pirkle, la dangereuse conservatrice

Kathleen Pirkle est un personnage que vous ne verrez probablement jamais. Elle a été écrite pour Dead Men’s Deeds lorsque nous étudions plusieurs profils génériques envisageables pour des antagonistes.
C’était une agente fédérale appartenant à une cellule en charge de miner les mouvements impliqués dans la lutte pour les droits civiques. Des mouvements comme l’American Indian Movement, le Chicano Movement, le Black Panther Party, la Gay Liberation ou encore le Black Feminism, dans lesquels gravitent nos héros.
Kathleen Pirkle est une femme conservatrice, manipulatrice, autoritaire et violente. Elle méprise les faibles et les petits, avec des tendances racistes et suprématistes. Selon elle, la démocratie est un outil qui ne s’applique qu’aux Blancs, de préférence influents. Elle n’hésite pas à enfreindre les règles et à tricher pour arriver à ses fins.

Cela vous rappelle-t-il quelqu’un ?

Vladimir Poutine
Vladimir Poutine dans le rôle de Kathleen Pirkle

D’accord, pour Kathleen Pirkle, nous avons forcé le hasard : elle est directement inspirée de Vladimir Poutine.
L’action se situe à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Nous voulions donc au moins un antagoniste qui évoque ceux de James Bond.

Comme cela a été dit, Kathleen Pirkle n’apparaîtra probablement jamais. Cependant, rien n’empêche de réutiliser son profil, voire de le diluer dans un autre personnage. Nous verrons le moment venu.

Bonus round : Violette Anthémis et le trio nocif !

Il n’y a pas réellement de méchants dans Violette Anthémis. Il y a des salauds, c’est certain. Mais la dynamique n’est pas la même qu’avec les récits de la saga Dead Men.

À une exception près. Bien que nous soyons toujours dans la pantalonnade de caniveau, Fondement corporatiste met en scène trois caricatures de méchants qui peuvent rentrer dans cette anthologie : Serge, Arnaud et Vincent.
Ce sont des industriels et des criminels en col blanc. Le genre d’individus toxiques qui pourrissent directement, mais impunément, la vie de tout le monde. En toute franchise, nous n’avons pas été chercher bien loin : rien que les prénoms devraient vous mettre sur la voie.

Serge, Vincent et Arnaud
Serge Dassault, Vincent Bolloré et Arnaud Lagardère dans leurs rôles respectifs

 

Dead Woman Sonia

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