Calibre : mode d’emploi de la création d’un ePub

Par trois fois, j’ai répondu à des courriers nous demandant comment fabriquer un ePub exploitable.
La réponse tient en cinq mots : nous n’en savons rien.
Ce que nous savons, c’est comment utiliser Calibre pour modeler un ePub en fonction de nos besoins. Comme ce n’est pas un secret d’état, pourquoi ne pas en parler ? Si jamais cela peut un jour aider quelqu’un, ça ne sera pas du temps perdu.


Avant Calibre, il y a le texte


Le traitement de texte


Nous utilisons Calibre pour transformer des fichiers issus du traitement de texte libre et gratuit LibreOffice. Pourquoi celui-ci ? Nous le trouvons plus propre que Microsoft Word, et même s’il est moins convivial, il est aussi moins contraignant. Il y a quelques années, nous utilisions OpenOffice.org, mais ses évolutions récentes nous ont déplu. LibreOffice nous a donc semblé une continuité logique.
Nous travaillons avec le format .odt, mais c’est une habitude plus qu’un choix. Calibre gère aussi bien les formats .odt que .doc.

L’information importante

Chaque publication est au préalable un document texte.


Le document de travail


C’est à la fois une habitude et un indicateur fort pour la suite, mais nous prenons l’habitude de mettre notre texte en page de manière rudimentaire. Sauts de page, paragraphes, justification, liens, chapitres, etc. Tout est défini de façon à ce que lors de l’importation, Calibre dispose déjà d’un maximum d’informations utiles.

L’information importante

Ces marqueurs de mise en page sont beaucoup plus faciles à manipuler avec un traitement de texte qu’avec Calibre.

Installation de Calibre


Votre texte est prêt ? Vous êtes paré pour l’importer sous Calibre et le transformer en ePub ? Parfait, il ne vous reste plus qu’à installer Calibre, disponible sur le site officiel. C’est un conseil qui peut paraître stupide, mais préférez toujours les sources officielles aux sites tiers tels que 01net, par exemple.
Nous n’allons pas vous expliquer comment installer Calibre, simplement vous donner un conseil pratique qui plus d’une fois nous a été bien utile.
Comme Dead-Men est un collectif et que nous ne vivons pas tous sous le même toit, nous utilisons des services cloud et de synchronisation à distance. Mega pour la sauvegarde, Google Drive pour la collaboration en ligne et la possibilité de travailler à plusieurs sur le même fichier simultanément.
Dead Man JM a insisté pour que nous placions tous notre bibliothèque Calibre dans le dossier synchronisé de Google Drive. Ce fut un combat de longue haleine, mais nous lui en sommes aujourd’hui reconnaissant. On ne sait jamais ce qui peut arriver, aussi garder une sauvegarde de son travail, être à jour et pouvoir récupérer une version antérieure en cas de problèmes ne sont pas un luxe mais une nécessité.

Il est possible de déplacer sa bibliothèque ou d’en changer via le gros bouton Bibliothèque Calibre.


L’information importante

Placer sa bibliothèque Calibre dans le dossier de synchronisation de votre service cloud de prédilection à l’aide du bouton « Bibliothèque Calibre« .

Utilisation de Calibre


Et vous voilà impatient d’utiliser Calibre pour créer votre premier ePub. C’est normal. Mais si vous n’avez jamais mis les mains dans le cambouis, le procédé peut s’avérer un peu déroutant. D’autant plus que si Calibre est un outil puissant, il est tout sauf glamour.

À l’ouverture, Calibre ressemble à ça.

Nous vous laisserons le plaisir tout relatif de découvrir par vous-mêmes ses différentes fonctionnalités (Internet grouille de tutoriels plus ou moins complets) pour nous concentrer sur l’essentiel : vous permettre de produire rapidement un ePub.

Importer son texte sous Calibre


Vous voyez le gros bouton « Ajouter des livres » en haut à gauche ?

Sans surprise, le bouton « Ajouter des livres » sert à importer son fichier.

Ben voilà.
Utilisez-le, choisissez votre fichier et après un court laps d’analyse de la part de Calibre, il apparaîtra dans votre bibliothèque.
Ce n’est pas un ePub, c’est simplement votre document de base.

Comme nous travaillons en collaboration, nous prenons l’habitude dès cet instant de renseigner les informations (métadonnées) de notre fichier.
Le gros bouton bleu « Éditer les métadonnées » juste à côté du précédent, et une nouvelle fenêtre s’affiche.

Les fonctions de base de Calibre sont assez simplistes et le nom des boutons, comme « Éditer les métadonnées » sont explicites.


Il ne vous reste plus qu’à renseigner les informations de votre futur ePub, qui sont pour le moment les informations (métadonnées) de votre document texte. Mais vous l’aurez compris, ce sont essentiellement les mêmes.
Calibre utilisera ces données pour classer et organiser votre bibliothèques. Et si vous travaillez dans la durée, cela vous évitera des boulettes dans un futur plus ou moins proche.
Le cas très particulier de la couverture est une étude à part entière, ses spécificités ne cessant d’évoluer avec la résolution des liseuses. En novembre 2015, nous utilisons chez Dead-Men des images JPEG de 1500×2400 avec une résolution de 96 ppp. Dans le futur, cela ira certainement en augmentant, aussi, une fois de plus, une simple recherche dans un moteur devrait vous apporter une réponse adéquate.

Les métadonnées sont la carte d’identité de votre ePub.


Vous voilà désormais paré pour affronter sereinement la création de votre ePub. Parce qu’à partir de là, tout devient moins simple et moins intuitif.

L’information importante

Éditer de suite les métadonnées permet de garder une base de travail saine et claire. Cela devient capital si plusieurs personnes travaillent sur un même projet.

Création d’un ePub avec Calibre


Votre magnifique fichier texte est intégré à la bibliothèque de Calibre, les informations essentielles ont été renseignées. Il est temps de convertir tout ça en un ePub, un vrai, exploitable par une liseuse.

Avant toute chose, nous supposons que vous savez de quoi est constitué un ePub. Si vous ne le savez pas, Google est à votre disposition. Mais pour faire court, il s’agit bêtement d’une compilation de fichiers html encapsulés.
Techniquement, n’importe qui avec un peu de connaissances en HTML et en CSS peut créer son ePub à la main à partir de rien. C’est faisable, mais incroyablement pénible. Voilà pourquoi nous utilisons des logiciels pour éditer ces données en masse.
Calibre permet de définir certains paramètres lors de la création d’un ePub à sa création. Pratique.
Mais pourquoi répéter les mêmes actions alors que l’on peut les automatiser ?

Les options de création d’un ePub


Avant de créer notre premier ePub, nous allons donc définir certains paramètres génériques communs à toutes nos publications.
Tout cela se passe en actionnant le bouton « Préférences » en haut à droite, puis en navigant dans la partie « Interface / Conversion / Options communes« .

Préférences / Interface / Conversion / Options communes


Par défaut, Calibre est prêt à l’emploi. Ce qui signifie que, sauf besoins ou attentes particulières, vous n’avez que peu d’options à modifier. Nous vous conseillons de vous attarder sur ces options, d’y réfléchir et de bien définir vos besoins.
Dans notre cas, nous n’allons modifier que très peu de choses :

  • Dans l’onglet « Apparence » :
    • Nous intégrons systématiquement les polices références et nous ajoutons manuellement nos propres police. Dead-Men n’en utilise qu’une seule déclinée sous toutes ses formes, et c’est la police Georgia
    • Nous supprimons l’interligne entre les paragraphes, parce qu’en littérature, c’est dégueulasse.
  • Nous ne touchons pas au « Traitement heuristique » car il a tendance à ficher un bazar noir incommensurable.
  • Dans l’onglet « Mise en page » : ce fut un véritable casse-tête, cet onglet, alors qu’en réalité, rien n’est plus simple. Pourquoi ? Parce que nous voulons être le plus général possible, donc éviter d’être trop spécifiques. Pourquoi ? Tout simplement pour assurer une compatibilité optimale avec un maximum de plateformes. De fait, nous choisissons « Defautl output profile » et « Default input profile » avec des marges à 5,0 pt.
  • « Détection de la structure » : nous nous contentons de « supprimer les fausses marges« .
  • « Table des Matières » : cette options vous permet de générer automatiquement une table des matières. Très efficace si votre document texte est convenablement structuré comme nous vous l’avons conseillé précédemment. Sinon, c’est infernal. « Forcer l’utilisation d’une Table des matières auto-générée » est, en revanche, la seule option que nous cochons.
  • « Rechercher et remplacer » : cette option fonctionne comme dans un traitement de texte. Mais si votre document texte est bien préparé, vous n’en avez pas besoin.
Encore une fois, ce sont nos choix. Ils sont relativement standards, mais rien ne vous oblige à les respecter, et nous vous encourageons à tester différentes configurations.

Dans le même ordre d’idées, ces options vous seront proposées à l’édition de chaque ePub ; vous y retrouverez vos options générales préenregistrées et vous aurez la possibilité d’éditer certaines spécificités propres à votre publication en cours.

La conversion d’un fichier vers le format ePub


Voilà. Le moment de vérité.
Si vous avez correctement travaillé, il est temps de demander à Calibre de convertir votre document texte en fichier ePub, et le plus gros du travail sera fait par le logiciel.
La magie de l’automatisation.
Sélectionnez votre fichier dans votre bibliothèque et cliquez un grand coup sur le bouton « Convertir des livres« .

« Convertir des livres« , la dernière étape avant d’enfin voir votre ePub.

Mon dieu ! Revoici les options !
Avec quelques onglets en plus.
Pas de panique. Si vos options génériques sont renseignées, vous n’avez rien à faire. Si vous voulez éditer certaines spécificités propre à votre projet, c’est le moment.

Le nouvel onglet « Sortie ePub » vous permet de définir certaines options très spécifiques, généralement à cause de la médiocrité de l’iPhone et des sottises imposées par Apple. Fort heureusement, si le matériel Apple n’accepte pas certaines conventions et impose ses propres spécificités, la plupart des autres plateformes sont compatibles avec tout.
À vous de voir si vous souhaitez vous compliquer la tâche pour que votre couverture s’affiche correctement chez une poignée de snobs.
À titre d’information, il peut être utile de connaître les habitudes de consommation de votre public. Pour Dead-Men, en 3 ans d’observation de notre clientèle, les utilisateurs d’Apple ne représentent même pas 1% de nos visiteurs et moins de 0,02% de nos lecteurs.
En ce qui nous concerne, nous considérons que si quelqu’un veut un outil efficace, il ne se dirige pas vers un jouet limité à la mode 150% plus cher que n’importe quoi d’équivalent et de plus performant. Oui, ces remarques sont agressives, mais les exigences d’Apple et leur mentalité aussi.
Quoi qu’il en soit, ne négligez pas l’importance de la couverture, bien que sa réalisation soit, nous ne le rappellerons jamais assez, un travail à part entière.

Enfin, nous n’utilisons pas l’onglet Débogage, et à moins de savoir ce que vous faites, il ne vous servira à rien.

Et voilà : cliquez sur le bouton « OK« . Quelques secondes plus tard, Calibre a ajouté un fichier ePub à votre bibliothèque. Désormais, votre publication compte deux formats différents : le document texte et le fichier ePub.
Joie, n’est-ce pas ?


L’édition d’un ePub


Il est grand temps de voir ce que votre bébé a dans le ventre.
Sélectionnez votre ouvrage dans votre bibliothèque et actionnez ce bouton qui vous fait de l’œil depuis un moment déjà : « Éditer le livre« .

« Éditer le livre » pour ENFIN découvrir ce que renferme votre ePub.

Oh ! La belle nouvelle fenêtre !
Si vous vous êtes déjà procuré un ePub commercial, vous avez certainement remarqué le travail de cochon des éditeurs. Quand on voit le bazar qu’a créé Calibre, cela n’a rien d’étonnant. Une entreprise commerciale ne va pas gaspiller de l’argent à nettoyer le code de ses publications l’une après l’autre. Capitalisme et qualité ne font pas bon ménage.
Toutefois, en tant que branleur sans envergure et sans intérêt aux yeux de ces éditeurs, vous voudrez sans doute y jeter un coup d’œil. Parce que Calibre travaille bien, mais il n’est pas propre et le code qu’il génère est presque aussi sale et brouillon que celui de Microsoft Word !

Pour ne pas vous décourager, je vous déconseille de tenter de suite un débogage de votre ePub.
Procédons plutôt dans l’ordre.
  • Nous allons vous confier un secret. Lorsque nous disions ne travailler qu’avec une seule police (Georgia), c’est en très grande partie la faute de Calibre. Nous n’avons pas trouvé le moyen de faire gérer proprement les polices au logiciel. Alors nous utilisons « Gérer les polices » pour les remplacer toutes par Georgia, à la fois élégante et simple à épeler :
    • sélectionnez les polices que vous souhaitez remplacer ;
    • sélectionnez « changer les polices sélectionnées » ;
    • dans la nouvelle fenêtre, tapez le nom de votre police de choix ;
    • cliquez sur « OK » ;
    • fermez la fenêtre, c’est fait.
Optez pour la simplicité, éditez vos polices.

  • Maintenant vous pouvez lancer un débogage sans risquer une dépression nerveuse. Vous devriez tomber sur quelque chose d’assez similaire à l’image ci-dessous. Et si ce n’est pas le cas, Calibre pourra théoriquement effectuer son débogage automatique qu’il vous propose sans problème.

Le débogage est désormais efficace.

En théorie, puisque vous avez bien travaillé, votre ePub est exploitable. Il n’est pas propre, mais exploitable et devrait passer les tests de qualité de toutes les plateformes les plus exigeantes (Google Play est la plus exigeante que nous connaissions). Le reste n’est plus qu’une question de conscience et d’honnêteté envers vos lecteurs.

Nous vous disions que Calibre génère un code sale. Ses développeurs le savent, aussi proposent-ils une option très intéressante qu’ils auraient franchement pu automatiser.
Ouvrez l’un de vos fichiers (si vous codez du HTML, préparez-vous à un choc), cliquez sur « Réparez l’HTML« , puis sur « Embellir le fichier courant« . Le code ne deviendra ni beau ni parfait, mais il sera plus présentable et purgé de ses aberrations.

Répétez l’opération pour tous les fichiers de votre ePub, et voilà !

Pensez à sauvegarder votre travail (CTRL+S), même si Calibre vous le rappellera avant de commettre l’irréparable.

Si vous voulez mieux, franchement, autant tout faire à la main.
Toutefois, rien ne vous empêche d’éditer les fichiers CSS et de créer vos propres balises.
Dans le même ordre d’idée, vous pouvez éditer la Table des matières pour la moduler à votre convenance. Ou alors parce que la génération automatique est parfois capricieuse.

« Éditer la table des matières« 

Libre à vous d’éditer la table des matières manuellement ou de confier l’opération à Calibre. Encore une fois, puisque vous avez travaillé correctement précédemment, vous pouvez demander au logiciel de générer la table des matières à partir de ce qui vous convient le mieux.

Laissez Calibre générer la table des matières.

Exportation d’un ePub avec Calibre


Voilà.
Sauvez, sortez, retrouvez votre ePub sur votre disque dur et faites-lui passer l’épreuve du feu.
C’est à dire que nous allons vérifier son intégrité. Pour cela, nous utilisons un vérificateur en ligne pas forcément convivial, mais sans pitié : http://validator.idpf.org.
Soumettez votre ePub et s’il y a le moindre problème, le validateur vous indiquera lequel, ainsi que où il se trouve. Ce sera alors à vous de corriger manuellement l’erreur.

La suite ?
Nous ne pouvons pas vous dire. C’est à vous de savoir ce que vous souhaitez faire avec votre nouvel ePub, comment vous désirez le distribuer.
Quoi que ce soit, vous disposez d’un fichier sain. Alors bonne chance : la suite est entre vos mains.

Dead Woman Sonia

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