Présidentielles 2017 : écologie, justice, libertés – la société civile note les programmes des candidats (Basta !)



Avec l’approche du premier tour des élections présidentielles, Basta ! viens de mettre en ligne une synthèse et une comparaison assez intéressantes des principaux programmes par des ONG et des associations. Il n’y a pas que de dangereux gauchistes dans le lot.
Pendant que la presse fait front commun contre Jean-Luc Mélenchon et pour Emmanuel Macron, je dois avouer que cette initiative fait du bien pour séparer le bruit de l’information.
En ressortent deux dangers publics, un incapable irresponsable et deux programmes plus ancrés dans la réalité. En gros, pas de surprise pour qui est capable d’additionner 1 (juste 1, oui oui).

¡ Ya basta !


Parmi les nombreux sites d’information que je suis (The Nation, The Guardian, Libération, L’Humanité, La Croix, Le Monde, Courrier International, ACRIMED, Le Monde DiplomatiqueHaaretz et j’en passe, y compris Le Figaro, mais uniquement avec des gants), je prête une attention particulière aux publications de Basta !.
Basta ! se définit comme « un média indépendant centré sur l’actualité économique, sociale et environnementale. » Lancé en 2008, il s’agit d’un « pure player » adepte de la licence Creative Commons.



Écologie, justice, libertés : la société civile note les programmes des candidats


Inutile de tourner autour du pot, je vais essentiellement rapporter ce que dit déjà l’article. Fi des guillemets et autres chevrons, je le déclare sans détour : c’est de la citation (terme élégant pour copier/coller/plagiat).
J’invite ceux qui ont un minimum de conscience sociale et politique à directement consulter l’article d’Agnès Rousseaux et de Samy Archimède sur www.bastamag.net. Pour les autres qui restent et ne se sentent pas insultés par la déclaration ci-dessus, voici de quoi il en retourne.
  • Personnellement, je vous laisse juge de ce qui est bon pour vous :
  • Si vous n’en êtes pas capables et décidez de voter Le Pen ou Fillon, envisagez la mise sous tutelle ; il n’y a pas de honte.
  • Concernant Emmanuel Macron, il va sérieusement falloir que ses électeurs assument leurs responsabilités ou qu’ils apprennent à lire : voter Macron parce qu’on en parle dans la presse n’est pas une raison valable.
  • Quant aux chrétiens séduits par François Fillon (et a fortiori Marine Le Pen), même si je n’ai aucune sympathie pour les religions, il serait peut-être temps d’envisager de quitter le giron de vos Églises… Idem pour les juifs et les musulmans (sous peine de risquer de devenir des gros mots).




1 – L’écologie, par Greenpeace

Les propositions sont commentées à la lumière de l’expertise de Greenpeace, de ses demandes de campagne et de ses valeurs.

Hamon

Avec la victoire de Benoît Hamon à la primaire du parti socialiste, l’écologie semble avoir regagné du terrain au sein du parti. Mais le quinquennat de François Hollande restera celui des occasions manquées concernant la protection de l’environnement.

Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a musclé son programme sur l’écologie. Opposé à la domination des acteurs financiers sur l’économie réelle, il propose une rupture avec le dogme de la croissance à tout-va. Dommage que dans sa critique de l’Europe, il passe sous silence les progrès (sur les OGM, les produits chimiques, etc.) obtenus grâce à notre modèle européen.

Macron

Effets d’annonce, mesurettes et engagements dans la continuité du quinquennat qui se termine : la recette d’Emmanuel Macron sur l’environnement est bien fade. Il se contente de surfer sur les vagues les plus consensuelles : un peu plus de bio, un peu plus de renouvelables, etc.

Fillon

Alerte ! Aucune des 15 « mesures phares » du candidat de Les Républicains n’a un rapport avec la protection de l’environnement.

Le Pen

Le FN essaie de verdir son image afin d’élargir la base de ses soutiens. Mais Marine Le Pen maintient une ligne nationaliste et excluante, incompatible avec la notion même d’écologie.



2 – Les libertés publiques par Amnesty International


Mélenchon

Des mesures favorables aux libertés, même si pas d’engagement ferme à sortir de l’état d’urgence.

Hamon

Démarche positive, mais pas de positionnement clair sur la fin de l’état d’urgence.

Macron

Peu de propositions concrètes pour protéger les libertés.

Fillon

Des propositions « antiterroristes » dangereuses pour le respect des droits fondamentaux.

Le Pen

Des propositions discriminatoires et stigmatisantes, dangereuses pour les droits et libertés.



3 – Police, détention et droit d’asile par l’ACAT (Association Chrétienne pour l’Abolition de la Torture)



Mélenchon

Très nombreuses propositions en matière de réinsertion, d’alternatives à la détention et de contrôle de la police.

Hamon

Propositions moins nombreuses, mais intéressantes en matière de formation des forces et d’accueil plus de migrants.

Macron
Beaucoup de zones d’ombre.

Fillon

Durcissement des conditions d’obtention de l’asile et du regroupement familial.

Le Pen

Propositions dangereuses. 40 000 places de prison supplémentaires et réarmement massif de la police.



4 – La justice par les avocats du Barreau de Paris



C’est encore Jean-Luc Mélenchon qui est jugé le plus convaincant. François Fillon et Emmanuel Macron font plusieurs propositions pour augmenter les moyens de la justice, Benoît Hamon se contentant du service minimum. Le programme de Marine Le Pen est quasiment muet dans ce domaine.

Jean-Luc Mélenchon obtient une note de 4 sur 6 en promettant plus de moyens et un meilleur accès à la justice, une réforme de l’aide juridictionnelle, une constitutionnalisation du droit.
Emmanuel Macron : 3 sur 6
François Fillon : 3 sur 6
Benoît Hamon : 2 sur 6
Marine Le Pen : 1 sur 6



5 – La solidarité et les droits humains par ActionAid, CCFD-Terre solitaire, Oxfam, Secours catholique


Quinze propositions pour une France Solidaire définies par ce collectif d’ONG (partage des richesses, justice climatique, droits humains).

Mélenchon

Il apporte une réponse jugée positive pour 12 des 15 thématiques définies par les ONG. Une proposition jugée négative (car pas de mesure concrète), et deux thématiques sans proposition concrète.

Hamon

4 propositions positives. Il propose des mesures sur la moitié des thématiques des ONG.

Macron

2 propositions positives et 5 propositions négatives. Pas de propositions pour plus de la moitié des thématiques.

Le Pen

Aucune proposition positive. 5 propositions négatives et pas de propositions pour les deux autres tiers des thématiques.

Fillon

Aucune proposition positive. 8 propositions négatives et aucune proposition sur les autres thèmes.



6 – L’aide au développement par Action contre la faim, CARE, Action Santé Mondiale, ONE


Comme j’ai décidé que je ne vais pas faire mieux, moi aussi.



7 – Le nucléaire par le réseau Sortir du nucléaire



Mélenchon

Radicalement opposé au nucléaire civil, le candidat de « La France Insoumise » considère que cette énergie est trop dangereuse et trop coûteuse. Conscient de « l’urgence écologique » et particulièrement friand des scénarios négaWatt, il voit grand et propose de passer au tout renouvelable d’ici 2050.

Hamon

L’accord conclu avec les Verts promet une sortie complète du nucléaire d’ici 2050 ainsi que la fermeture d’une dizaine de réacteurs (les plus vieillissants) dans le quinquennat. Partisan d’une transition énergétique progressive, Benoît Hamon veut mettre en place un mix énergétique plus équilibré. (…) il propose une diminution très progressive de la part du nucléaire échelonnée sur le temps long. Il ne s’oppose cependant pas au démarrage du réacteur nucléaire EPR de Flamanville.


Macron : certifié pro nucléaire

Malgré ses changements de discours en fonction de l’auditoire, certains indices permettent d’éclaircir ses positions. De la loi Macron qui comporte un amendement validant le principe de l’enfouissement des déchets radioactifs à ses récentes prises de position en faveur des EPR d’Hinkley Point et de Flamanville, nul doute que le cadet de l’élection est entièrement acquis à la cause de l’atome.

Fillon : certifié pro nucléaire

Si François Fillon est le candidat du parti Les Républicains, c’est aussi celui du lobby nucléaire. Pour l’ancien ministre, il faut moderniser et élargir notre parc nucléaire. Ardent défenseur de la filière, il considère que l’atome est une énergie propre qui constitue une alternative crédible aux énergies carbonées. Hors de question de fermer Fessenheim, encore moins de sortir du nucléaire. Tout juste accepte-t-il un mix énergétique largement dominé par le nucléaire, incontournable selon lui.

Le Pen : certifiée pro nucléaire

Apparemment sensible au défi écologique, la candidate du Front National fait pourtant du nucléaire la pierre angulaire d’une stratégie de sortie des énergies fossiles. Pour elle, la France doit s’appuyer sur la filière nucléaire pour garantir son indépendance et réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, le nucléaire n’est pas le problème, c’est la solution. En témoignent ses relations privilégiées avec la SFEN, un puissant lobby nucléaire.




8 – L’arme nucléaire par le Mouvement pour une alternative non violente, avec le soutien d’une quinzaine d’associations (Les Amis de la Terre, Les Désobéissants, Attac…)


Basta ! (ces flemmards) propose tout simplement de lire le détail des programmes des candidats sur l’arme nucléaire.



9 – Les libertés numériques par Le Journal du Geek


Oui, je sais, Le Journal du Geek, ça m’a fait le même effet. Mais c’est leur domaine de spécialisation après tout, alors ne soyons pas obtus. Sinon, autant directement voter pour François Fillon.

Hamon

Il « est celui qui se distingue par des mesures véritablement nouvelles, à l’instar de sa taxe robot, conspuée en Europe, mais bien accueillie outre Atlantique ou à insister sur le droit à la déconnexion, récemment adopté. C’est également l’un des rares, si ce n’est le seul, à remettre le délicat sujet de la redevance télé élargie aux ordinateurs, tablettes et smartphones sur le tapis. »

Mélenchon

« Un des projets les plus détaillés et fournis concernant le numérique. » Il fait « de la protection des données, face aux grandes entreprises comme les GAFA, l’un de ses chevaux de bataille, à côté de la suppression de la loi HADOPI et la réforme du droit d’auteur, de la défense de la neutralité du Net, la promotion du logiciel libre, la lutte contre l’optimisation fiscale pratiquée par les géants du Web, le soutien à la création de jeux vidéo, bref un programme que ne renierait pas les défenseurs des libertés numériques. »

Fillon

Sur la neutralité du Net ou HADOPI, « François Fillon se place à rebours des propositions de ses concurrents »


Le Pen

« Son programme est relativement succinct et flou. Il n’y a pas de réelles nouveautés, certaines propositions sont déjà en œuvre ou confuses et son projet manque cruellement de mesures opérationnelles ». Certains domaines « pourtant parmi les plus importants du parti sont absents : défense (cyberattaques, etc.), administration, éducation, participation des citoyens via les outils numériques, etc. ».

Macron

« Le candidat d’En Marche veut prendre l’économie numérique dans son sillage et parle majoritairement à ses acteurs : fiscalité, transition numérique, marché unique du numérique, fonds européen, etc. Concernant les usages et les internautes, peu de mesures. »




10 – L’égalité hommes-femmes par Slate.fr


Un sujet qui nous tient à cœur, c’est donc avec une pointe de déception que nous constatons que Slate.fr est le seul référent. À sa décharge, difficile d’en trouver un autre ayant fait cette démarche…
Mais bon, Slate.fr quand même…
Bref. Ne soyons pas obtus. D’autant plus que le magazine a fait du bon travail.
Le magazine Slate.fr a exploré les programmes, les déclarations et le bilan des candidats à la présidentielle, sous le prisme de l’égalité femmes-hommes.

Mélenchon

Slate.fr lui attribue un programme solide, documenté, ambitieux. Il reconnaît aussi que c’est le seul à ne pas avoir peur de parler de patriarcat ni de féminisme ou de genre.
Les bons points sont mis en avant :
  • un programme solide, documenté, ambitieux ;
  • le seul à ne pas avoir peur de parler de patriarcat ni de féminisme ou de genre ;
  • des idées qu’on ne trouve pas dans les autres programmes ;
  • des mesures concrètes pour agir sur les représentations sexistes.
Ainsi que les interrogations :
  • des ambiguïtés entre programme et livret thématique ;
  • des mesures floues, d’autres déjà appliquées ;
  • le voile, un « accoutrement contraire à la dignité républicaine » ?


Hamon

Slate.fr salue certaines idées :
  • l’hébergement spécialisé pour les victimes de violence ;
  • « Faire honte » aux entreprises et mieux les contrôler ;
  • revaloriser les salaires des métiers non mixtes.

Mais le magazine souligne des interrogations importantes :
  • l’impact du revenu universel sur les femmes ;
  • le flou sur les sanctions concernant la parité en politique.


Macron

S’il se moque à juste titre du « I am a feminist » lancé par le candidat au Women’s Forum for the Economy & Society (02-12-2016), déclaration qu’il pondère par un bilan négatif, Slate.fr reconnaît certains engagements :
  • le « name and shame » (publier la liste des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale entre les femmes et les hommes) ;
  • une vraie parité en politique ;
  • un gros effort sur les places en crèche et plus de transparence dans leur attribution.
Sans non plus oublier les zones d’ombre :
  • punir le harcèlement de rue de manière symbolique ;
  • armer le Défenseur des droits, sans pouvoir de sanction ;
  • l’absence de chiffrage des mesures.


Fillon 

Quand je lis Fillon et féminisme dans la même phrase, j’ai tendance à rire jaune. Slate.fr aussi, visiblement, soulignant les imprécisions et les biais idéologiques.
Une fois de plus, le magazine commence par les bons points :
  • se préoccuper des familles monoparentales et des « mères isolées » ;
  • trouver des solutions en créant du lien entre les générations ;
  • le seul à avoir une mesure contre le sexisme en politique.
Et les interrogations :
  • pas d’hébergement d’urgence spécialisé pour les femmes victimes de violence, et un référent qui existe déjà ;
  • punir le harcèlement de rue ? Une mesure surtout symbolique ;
  • des mesures qui précariseront les femmes en faisant porter aux plus précaires le coût du travail ;
  • n lien problématique entre islam et droits des femmes.


Le Pen

Slate.fr décrit son bilan comme inexistant. Toutefois, il souligne dans le programme :
  • que le Front national est désormais pour l’égalité salariale ;
  • et… c’est tout.
En revanche, de nombreuses réserves s’imposent :
  • la fin de la parité en politique ;
  • les droits des femmes sans cesse accolés à la critique de l’islamisme ;
  • des femmes qu’on aimerait bien voir au foyer ;
  • un recul pour les femmes étrangères, lesbiennes ou voilées.



11 – La culture


Une analyse réalisée par le site Profession Spectacle.

Mélenchon

Trois points sont retenus : 

  • Sortir la culture des logiques de la rentabilité ;
  • « Démocratiser » la culture ;
  • soutenir la création et les artistes.
Et Profession Spectacle de conclure :

Le programme de Jean-Luc Mélenchon est indéniablement plus étoffé que celui de ses concurrents, du fait de la longue concertation démocratique qui l’a précédé. Toutefois, la réalisation de ces innombrables promesses est soumise aux prévisions de croissance et à l’impact du programme économique… autant de sujets aujourd’hui débattus. Tout en déclarant vouloir mettre « l’humain d’abord », la France Insoumise fait cependant l’impasse sur les droits culturels, enjeu pourtant fondamental des politiques culturelles à venir. Reste que la manière démocratique avec laquelle la France Insoumise a conçu son programme, ainsi que la vision structurée développée par Jean-Luc Mélenchon témoignent d’un engagement profond en faveur de la culture.


Hamon

Trois points, encore :

  • la revalorisation des artistes et de leur régime ;
  • un changement de paradigme par l’affirmation des droits culturels ;
  • la vision claire d’une « société culturelle » coconstruite et pluraliste.
Et Profession Spectacle de conclure (non, je ne vais pas chercher une nouvelle formule à chaque fois) :
Reconnaissons-le d’emblée, Benoît Hamon fait preuve d’une véritable vision concernant les politiques culturelles, enracinée dans la doctrine traditionnelle de la gauche concernant l’éducation artistique et la défense des artistes. Reste à savoir, non seulement comment il compte appliquer ses mesures, mais également si elles sont concrètement réalisables — deux points sur lesquels il est encore bien flou. Sa reconnaissance des capacités émancipatrices et sociales de la culture, ainsi que sa volonté de lutter contre les inégalités culturelles en approfondissant le rôle des services publics, sont néanmoins autant d’axes intéressants.
Benoît Hamon devra toutefois défendre sa vision, tant politiquement, contre le bilan de François Hollande, que financièrement, au regard des importants engagements de son programme qui induisent de lourdes dépenses.

Macron

Lui, si ça ne rapporte pas, ça ne l’intéresse pas. Le programme d’Emmanuel Macron est décrypté en trois axes (vous remarquez une certaine méthodologie de la part de Profession Spectacle ou ça vous échappe totalement ?) :
  • démocratisation culturelle ;
  • compétitivité culturelle ;
  • meilleur « partage de la valeur ».
Et Profession Spectacle de conclure :

Le programme d’Emmanuel Macron soulève finalement plus de questions qu’il ne donne de réponses… Le patchwork de ses mesures oscille entre modernité formelle et libéralisme de fond, en un flou artistique complet. Faute de clarifications, sa vision paraît privilégier un désengagement de l’État dans les politiques culturelles, sous couvert de démocratisation progressiste et de compétitivité mondialisée. Mais cette nébuleuse savamment entretenue pourrait mener pragmatiquement à une tout autre ligne si le candidat en marche venait à remporter la présidentielle.


Fillon

Je vous le donne dans le mille, encore trois axes (si vous n’avez toujours pas pigé, il est temps de remettre en question votre capacité à voter, parce que vous n’avez probablement rien compris aux programmes… si vous les avez lus) :
  • la culture au service du récit national ;
  • des économies sur les investissements publics ;
  • rendre la culture « compétitive ».
Si vous n’avez pas la nausée, quelque chose ne va pas.
Et Profession Spectacle de conclure :

Si certaines propositions de François Fillon sont encore floues, toutes manifestent une véritable vision de la culture, clairement marquée à droite. Elle est en effet envisagée soit comme un outil au service d’une certaine idée de l’identité nationale, soit comme un argument compétitif au service de la sacro-sainte croissance, mais jamais comme terreau de créations. À ce jour, François Fillon compte bien peu de soutiens notables dans le milieu de la culture.


Le Pen

La culture n’est visiblement pas le point fort du Front National. Mais Profession Spectacle retire trois (3) grands axes dans le programme couleur brune :
  • la défense de l’identité française
  • une culture de proximité
  • des mesures culturelles éparses
Et Profession Spectacle de conclure (promis, c’est la dernière fois que je vous fais le coup) :

Les artistes, majoritairement à gauche, font partie des opposants les plus acharnés au Front National. Plutôt que de rassurer le monde culturel, Marine Le Pen en reste pour le moment à de grandes déclarations de principes et à quelques mesures, souvent vagues. Difficile, dès lors, d’apprécier sa vision d’une politique culturelle assumée au niveau de l’État. Seule est mesurable l’action du FN dans les localités qu’elle dirige : plusieurs manifestations culturelles ont été supprimées, sans proposition artistique pour valoriser une autre manière de faire. À quelques encablures de la présidentielle, cette absence de politique culturelle n’est pas sans inquiéter ceux qui pensent que la culture est le ciment de toute humanité.




12 – La biodiversité par le vénérable National Geographic


C’est un pavé clair et détaillé que, comme Basta !, je vous invite à consulter. Ne serait-ce que pour voir les portraits des candidats avec le style photographique National Geographic.



13 – La santé publique et la sécurité routière par des experts indépendants


Cette évaluation publiée par Europe 1 note les candidats comme à l’école sur 20 questions :
  1. Jean-Luc Mélenchon est le premier de la classe (comme à son habitude, il a travaillé ses dossiers) : 20/20
  2. Benoit Hamon arrive deuxième, avec la mention « peut mieux faire si le petit Benoît était plus attentif durant les cours » : 15/20
  3. Marine Le Pen obtient la troisième position, mais est recalée tout de même : 8/20
  4. Emmanuel Macron rend une copie dépourvue de sens, comme à son habitude : 7/20
  5. François Fillon est le cancre de la classe (on le soupçonne d’avoir triché) : 2/20



14 – La sécurité et la justice par The conversation


C’est un article. Je ne vais pas recopier un article dans un article que je recopie déjà ! Soyons raisonnables !
Pour une raison qui m’échappait jusqu’à sa lecture, Basta ! avait omis la première partie de l’analyse. Car il y a deux articles, en réalité :



15 – La régulation de la finance par Basta !



Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon propose d’identifier et d’interdire les produits dérivés toxiques et inutiles au financement de l’économie réelle.

Hamon

Benoît Hamon souhaite notamment favoriser l’essor des banques éthiques et alternatives.

Macron

Emmanuel Macron envisage d’« alourdir les sanctions contre la fraude fiscale », mais demeure flou sur sa volonté de mieux réguler les activités financières spéculatives.

Le Pen

Marine Le Pen prétend vouloir « lutter efficacement contre l’évasion fiscale », mais les votes du FN au Parlement européen démontrent le contraire.
Et oui, j’ai corrigé une faute d’orthographe. Honte, Basta !, honte !

Fillon

Soit François Fillon n’a pas compris la question, soit il était trop occupé à remballer les mauvais costumes, mais il ne propose rien sur le sujet.
Avouez que vous n’êtes pas surpris. C’est le candidat du MEDEF, après tout : il ne va pas jouer contre ses patrons.



16 – L’économie sociale et solidaire par Basta !


  • Mélenchon : priorité au droit de préemption ;
  • Hamon : « pacte d’intérêt général » et programme d’investissement ;
  • Macron : « libérer les énergies » (c’est à dire, rien)
  • Le Pen : « nouvelle alliance entre travail et capital » dans une ambiance d’hostilité à l’économie sociale et solidaire
  • Fillon : rien, une fois de plus, si ce n’est qu’aucune loi favorable à l’économie sociale et solidaire n’a été votée durant les cinq années que François Fillon a passées à Matignon.



Deux dangers publics, un incapable irresponsable et deux programmes plus ancrés dans la réalité


Il y a une chose que je remarque alors que le dénouement de ce qui restera comme l’une des campagnes présidentielles les plus ridicules de l’histoire de la République française. Personne n’a tari d’éloges sur le médiocre de la campagne. Les voix sont unanimes.
Unanimes, au point d’éclipser un changement pourtant important. Deux candidats — un qui a la faveur des sondages et pas de la presse, et un second qui n’a ni l’un ni l’autre — proposent sans doute pour la première fois (en tout cas sérieusement) de se sortir les doigts du néo-libéralisme à la bonne odeur de finance pour explorer d’autres voix. Et c’est triste que ce soit passé sous silence.

Et pourtant…

« Pour une politique économique sérieuse et à la hauteur des enjeux, votons Mélenchon » titre Libération le 18 avril 2017 (et ça a dû leur faire mal). Et d’accrocher avec : « Plus d’une centaine d’économistes de dix-sept pays à travers le monde appellent les citoyens à se prononcer, dimanche, pour le candidat de La France insoumise. »
Et le lendemain, de publier « Nous, économistes, soutenons Mélenchon ».

Les arts sont partisans de Jean-Luc Mélenchon. Avec des noms comme Jacques Weber, Richard et Romane Bohringer, Édouard Baer, Anémone, Jean-Pierre Daroussin, Gérard Miller, Bernard Lavilliers, Yvan Le Bolloc’h, Gérald Dahan, et la liste est longue !
Jean-Luc Mélanchon est aussi soutenu à l’international par les partisans de Bernie Sanders. Comme Mark Ruffalo (acteur), Danny Glover (acteur), Noam Chomsky (linguiste au MIT), Eve Ensler (dramaturge) ou encore Pamela Anderson (morceau de plastique, devenue militante écologiste ; j’ai hésité à la citer parce que ça ne fait pas sérieux, mais l’ancienne actrice semble en réalité avoir la tête sur les épaules, contrairement à son image publique savamment entretenue à l’époque de sa « gloire »). Critiques envers Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ils mettent en garde la France contre « le scénario qui a entraîné l’élection du président Donald Trump aux États-Unis ».

À titre de comparaison, et parce que c’est amusant en plus d’être révélateur, admirons la concurrence.
Benoît Hamon jouit timidement d’une demi-fesse de Juliette Binoche (comédienne), du soutien de Valérie Donzelli (que Google me dit qu’elle est actrice et réalisatrice… non, je ne sais pas non plus qui c’est) ou de Michèle Ray-Gavras (productrice, et accessoirement épouse de Costa-Gavras).
Emmanuel Macron a les faveurs de Geneviève de Fontenay (ancienne présidente du Comité Miss France), Pierre Bergé (Yves Saint-Laurent), Yohan Cabaye et Steve Mandada (footballeurs professionnels), ou encore Catherine Laborde (ancienne présentatrice météo de TF1). Du rêve, en somme.

François Fillon a perdu le soutien de Renaud suite aux affaires des emplois fictifs, mais il garde celui d’Alain Afflelou (opticien), d’Élisabeth Teissier (voyante, sic), de Serge Dassault (sénateur, aéronautique, armement, etc.) ou de Frigide Barjot (Manif pour tous). Le top du top. Le dessus du panier. La crème de la crème. Des gens qui servent à quelque chose et ne pourrissent pas le quotidien des autres.

Marine Le Pen, elle, se trimbale Brigitte Bardot (ancienne pin-up) et le comédien Franck de Lapersonne.



Dead Man JM

0 réponse sur “Présidentielles 2017 : écologie, justice, libertés – la société civile note les programmes des candidats (Basta !)”

  1. C'est marrant.
    Je viens de passer quelques soirées avec des chefs d'entreprises (PME). Tous vont voter Mélenchon, ne serait-ce que pour la survie de leurs entreprises.

    "Toi aussi, m'a dit l'un d'eux, croyant reconnaître en moi un soutien de Mélenchon.
    – Ah non, ai-je répondu. Je vote par conviction, pas par dépit. Moi, je vais voter blanc, comme toujours depuis 24 ans."

    On me reproche de faire campagne pour Mélenchon (comme si j'allais changer quoi que ce soit), alors que pas du tout. En revanche, ce n'est pas ma faute si son programme fait du sens. Et même si j'y retrouve beaucoup de mes convictions, pas suffisamment pour lui accorder mon vote.

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