Présidentielles 2017 : Emmanuel Macron, l’apologie du vide


Alors, nous ne sommes pas des gens haineux. Au contraire (même si certains ne sont pas très câlins ; je ne vise personne), mais Emmanuel Macron a réussi l’impossible : focaliser le mépris et mettre tout le monde d’accord au sein de l’équipe. Équipe qui, pour information, est essentiellement partagée entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, sans réel engouement, et avec l’option de voter blanc.



Macron, haine et amour autour d’un programme amorphe


Ce n’est pas tant que le programme d’Emmanuel Macron soit vide plus que le fait qu’il n’y a rien dedans qui étonne tout le monde à bord. Posez autour de vous la simple question ; « Quel est le programme politique d’Emmanuel Macron ? » Les réponses risquent de vous surprendre. Je suis certain que si vous demandez alors pourquoi voter Macron, on vous répondra, essentiellement, parce qu’on parle de lui.
Riez, mais nous avons fait le test dans trois grandes villes françaises (Toulouse, Paris et Lille) : nous, nous n’avons pas ri.

Emmanuel Macron : le chantre (chancre ?) de la paupérisation


Tout le monde se souvient des grèves et des manifestations de 2015 et 2016. Elles concernaient une réforme du Code du travail visant, dans les grandes lignes, à faciliter pour les entreprises l’embauche et le licenciement de ses employés. Elles créaient aussi de nouvelles catégories de travailleurs précaires dépourvus des protections sociales que garantissent des contrats complets. On appelle ça la souplesse. C’est le créneau du MEDEF et de la droite depuis… et bien depuis aussi longtemps que je me souvienne.
En gros, c’est l’inverse du progrès social.
Et bien le principal instigateur de ces réformes n’était autre qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie dans le gouvernement de François Hollande.

Emmanuel Macron : le chantre (chancre ?) de la modernité


Mais pour ses supporters, Emmanuel Macron incarne la responsabilité, le pragmatisme et une France moderne, mondialisée et européenne (tout ça, bien entendu, dans le pire sens de ces termes pour quiconque capable d’aligner et de coordonnées deux pensées et trois réflexions).
Le bonhomme se voit même en Charles de Gaulle ! Ce n’est pas une blague. Tenez, au pif : « Emmanuel Hollande » : Macron répond à Fillon en citant de Gaulle (rtl.fr, le 2 avril 2017).
J-21 Alors @FrancoisFillon, Emmanuel De Gaulle ou Charles Macron ?…;-)#EnMarche #macron2017 @enmarchefr @EmmanuelMacron pic.twitter.com/T4MrXspJd3

— Griveaux Benjamin (@BGriveaux) 2 avril 2017

Emmanuel Macron représenterait le renouveau de la classe politique. Pas uniquement parce qu’il est jeune et qu’il ne sait pas parler (ça, encore, ça n’a aucune importance), mais plutôt parce qu’il fait de l’ancien avec du vieux et s’aplatissant devant la finance. Ce qui, cela a été prouvé, constaté et démontré, a tellement bien réussi jusqu’ici.


Macron, la réforme de l’immobilisme


Inutile de revenir sur la grâce avec laquelle les ténors du PS fuient leur navire qui sombre pour rejoindre la coquille de noix d’Emmanuel Macron, en gratifiant au passage les militants socialistes, qui ont choisi Benoît Hamon, d’un bon gros doigt d’honneur.

Je ne sais plus où j’ai lu quelqu’un comparer Emmanuel Macron à Barack Obama. Bon, Barack Obama a une certaine classe totalement étrangère à Emmanuel Macron qui a, comme il se doit, celle d’un banquier.
Au départ, je trouvais cette idée ridicule. Mais, en y réfléchissant, ce n’est pas si idiot. Emmanuel Macron est un bon gros libéral et hostile à toute notion de réforme. L’essentiel de son projet consiste à modifier les lois pour que la France reste telle quelle. Car il croit aux marchés (en même temps, c’est ce qu’on lui a appris à l’école). Pour faire simple, il est partisan d’une réforme de l’immobilisme garantissant à la France que ses positions dans le monde et dans l’Europe ne bougent pas. Et sans tenir compte d’aucune réalité, comme l’évolution de la notion de travail ou l’avancée du numérique. Il est, comme François Fillon, l’autre candidat de la globalisation.


Il est navrant de constater que les élites du Parti Socialise se sentent plus proches d’un Emmanuel Macron que d’un Benoît Hamon ou d’un Jean-Luc Mélenchon. C’est bel et bien la mort du PS en tant que parti de gauche. Et là, je dis, merci Valls, merci Macron, merci Hollande pour ce joli quinquennat bien à droite comme il faut.
Pire ! Emmanuel Macron apparaît comme un rempart au Front National ! C’est encore une fois bien connu, la meilleure façon de lutter contre l’extrême droite est de virer encore plus à droite. Voilà qui a aussi fait ses preuves, tiens !

Quel rapport avec Dead-Men ?


Et même si vous ne le demandez pas, je vais vous répondre.
Dans le monde selon Emmanuel Macron, une structure économiquement improductive comme Dead-Men n’a pas sa place. Elle n’est pas la seule. Voyez, par exemple, le traitement réservé à la culture sous François Hollande. On aurait dit que Nicolas Sarkozy n’était jamais parti ! Ou alors les réformes concernant les associations et les festivals. Emmanuel Macron reprend la politique de François Hollande, une politique pro-passive qui vise à tout réguler, uniformiser et, accessoirement, rentabiliser.
Et si on se fit à la merde qu’a fait Emmanuel Macron durant son passage à Bercy, Dead-Men a tout intérêt se repenser en profondeur en cas de victoire de « En Marche ! » aux présidentielles.

Plus important que nos petites personnes, « En Marche ! » représente un idéal de société que nous rejetons. Une société plus injuste, moins égalitaire, où l’argent règne en maître. Une société où les individus ne sont que des outils à la disposition des entreprises, elles-mêmes des rouages dispensables des marchés.

C’est pour cela que, comme DMJM, je vous invite à voter, mais surtout pas pour Emmanuel Macron.
Ni pour Marine Le Pen ou François Fillon, tant que nous y sommes, même si cela devrait aller de soi.
À moins de vraiment aimer la misère.


Dead Man Paul

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