Présidentielles 2017 : quand la réalité dépasse notre (pire) fiction

élections 2017 : image empruntée au site de la commune de Ruy-Montceau


Le Conseil des ministres du 4 mai 2016 a fixé le premier tour des élections présidentielles 2017 au dimanche 23 avril 2017 et le second tour au dimanche 7 mai 2017. Et quelque part durant le deuxième semestre 2016, j’incitai à DM Paul de changer un passage de Dead Men’s Tales que je trouvais ubuesque.

Aujourd’hui, je me demande si j’ai bien fait tellement la réalité de la campagne dépasse la fiction.


Des retournements improbables


La fiction…


Mettons le décor en place, si vous voulez bien.
Dans Dead Men’s Tales, en 1679, les pirates de l’île de la Tortue désignent des capitaines pour les représenter dans un conseil. Ce conseil doit décider de l’avenir de la colonie. On distingue trois principaux mouvements :

  1. les indépendantistes, dont font partie la plupart de nos héros, qui refusent de se ranger sous une quelconque bannière ;
  2. les partisans du ralliement à la couronne d’Angleterre ;
  3. les partisans du ralliement à la couronne de France.
Durant un (très) long chapitre, Dead Man Paul décrivait les turpitudes d’une telle démarche. Quand je l’ai lu, je me suis dit que c’était trop. Vraiment. Du vaudeville. Des alliances se forgeaient pour mieux être trahies. Des intérêts personnels faussaient les décisions. Les conflits nationaux refaisaient surface. Bref, c’était le chaos, c’était invraisemblable et je ne parvenais pas à y trouver du sens.
Bien entendu, ça se terminait dans un bain de sang et tout le monde y perdait.

Attention rigolade : les représentants des partisans du ralliement à la couronne de France, finissaient par voter pour rejoindre le giron anglais. Certains considérant qu’une telle alliance ne servirait pas leurs intérêts, d’autres voulant simplement faire barrage aux indépendantistes.

… dépassée par la réalité


Et la campagne pour la présidence (déjà officieusement en branle depuis quelque mois) débuta, bien sordide comme il faut. Sans rentrer dans les détails, elle tacle la logique de Dead Man Paul et de son conseil des capitaines dans Dead Men’s Tales, sans toutefois le souci de cohérence.

Les militants de Les Républicains décidèrent d’opter pour le pire choix, François Fillon, qui s’avéra rapidement être un dangereux réactionnaire bien malhonnête comme il faut, un poil paranoïaque. Sans surprise, au demeurant, sauf peut-être pour quelques personnes vivant dans une réalité alternative. Réalité où la droite n’aurait pas dominé l’essentiel de la vie politique de la Ve République avec le succès qu’on lui connait (emphase sur l’ironie, toujours pour les mêmes gens).
Ils auraient pu choisir Alain Juppé, mais ils ont préféré une prise de position plus dure. Parce que quand une politique de droite (comme celle pratiquée par François Hollande dans la droite lignée de celle d’un autre modèle d’honnêteté, Nicolas Sarkozy) ne va pas, la seule solution est de virer encore plus à droite, bien entendu.
Du coup, quand le candidat de Les Républicains, François Fillon, s’est avéré être un canasson cagneux, le parti a tenté de trouver un remplaçant. Manque de bol, François Fillon détient tout l’argent de la campagne. Et Alain Juppé (pas con le mec) a déclaré que c’était trop tard, qu’ils pouvaient se démerder et qu’il retournait à Bordeaux. Sans ironie, nous saluons.

Les militants du Parti Socialiste ont choisi Benoît Hamon, de l’aile gauche du parti. Le type semble correct ; il ne fait pas de promesses, il propose des lignes de réflexion et des stratégies. Il a aussi quelques idées sympathiques.
En grands démocrates, les cadors du parti font fi de cette décision électorale et filent les uns après les autres rejoindre le guignol de service, notre futur président Emmanuel Macron. Oui, parce qu’il faut savoir que, entre-temps, le Parti Socialiste est devenu un parti de droite. Déjà qu’il n’a jamais été tellement à gauche, mais là, ça frise le ridicule. Macron, c’est l’homme sans programme, extatique devant la finance et méfiant devant le social. Quand je cous disais que c’était encore un candidat de droite. Mais c’est aussi et surtout le favori de nations voisines et de quelques grands groupes de presse. Dont le BNP (Bergé, Niel et Pigasse). Résultat, Emmanuel Macron le désastreux ancien ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique bénéficie d’une couverture médiatique impressionnante et démesurée en comparaison de ce qu’il a à dire. Au point que je suis surpris de ne pas lire d’articles quotidiens relatant comment il va à la selle (note de Dead Woman Sonia : pourtant sa merde est amplement décortiquée dans la presse).

Il y a aussi le Front National, éprouvette depuis la fin de la guerre d’Algérie de tout un tas d’immondices qui, au fil des ans, deviennent acceptées par le plus grand nombre, puis assimilées par les hommes politiques. Au point que la différence entre le grand parti de droite et celui d’extrême droit s’estompe. The Nation va même jusqu’à créditer le Front National de berceau des calamités populistes dont le paroxysme a (temporairement) été atteint avec l’élection de Donald Trump.
Notons au passage que, en plus d’un positionnement nauséeux, le Front National trimbale aussi son lot de casseroles judiciaires.
Au temps pour « la jeunesse emmerde le Front National » des Béruriers Noirs, qui nous faisaient « confiance plus jamais de 20 %, plus jamais ».

N’oublions pas Jean-Luc Mélenchon. Fidèle à lui-même, un poil plus calme que dans le passé, c’est la seule gouaille de la campagne. Et avec Benoît Hamon, les seuls à tenter de proposer quelque chose.


Des pirates pour 2017


Dans une discussion (aux alentours de trois heures du matin) avec Dead Man Paul, nous sommes arrivés à la conclusion que ces élections sont aux mains de pirates.
Oui, ne nous leurrons pas, les pirates sont des bandits. Si si. Fi du romantisme ! Nous aimons tous Long John Silver, mais soyons honnêtes : de John Hawkins à Edward Teach en passant par Henry Avery, Henry Morgan, Bartholomew Roberts, « Calico » Jack Rackham, Charles Vane, Jean Bart, Anne Dieu-le-veut, Charlotte de Berry, Laurens de Graaf, François l’Olonnais, Stede Bonnet, William Kidd ou encore Benjamin Hornigold, tous étaient des voyous qui nous auraient fait changer de trottoir maritime.
Et quand on regarde les élections 2017, entre les pourris, les vendus et les enflures (certains allant jusqu’à cumuler), je me dis que, rétrospectivement, ce chapitre sur le conseil des pirates n’était pas si improbable

Quoi qu’il en soit, nous vous invitons chaudement (et à la limite de la menace) à aller voter les 4 mai et 26 avril 2017. Nous vous demandons simplement de réfléchir avant de le faire. On ne vote pas par dépit, mais par conviction. Votez blanc si vous le voulez, mais votez.
Et je peux respecter le discours abstentionniste, même si pour la plupart des abstentionnistes que j’ai croisés, ce n’est qu’une excuse pour justifier leur flemme (et par extension, à titre personnel, je les emmerde).
Manifestez-vous politiquement. Parce que nous n’avons pas envie de nous retrouver avec le portrait d’un François Fillon, d’un Emmanuel Macron ou d’une Marine Le Pen accroché dans les mairies.

Pour le moment, nous vous aimons.
Mais nous en reparlerons après les élections.


Dead Man JM



N. B. L’image d’illustration a été empruntée au site de la commune de Ruy-Montceau.

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