Codex de la piraterie dans les Caraïbes

Arrr! Ahoy, me hearties!

Sommaire

Couverture de l'ebook book Dead Men's Tales par Dead-Men - Rhum, pirates et aventures en haute mer. Bienvenue dans les Caraïbes

Combien pèse un canon de douze livres ? Quelle est la différence entre un pirate et un corsaire ? Ma carte au trésor achetée sur eBay est-elle authentique ?

Autant de questions sur les pirates qui vous empêchent de trouver le sommeil auxquelles nous répondons gracieusement.

L'âge d'or de la piraterie dans les Caraïbes est une période incroyablement complexe et relativement mal documentée. Une chose est certaine : elle n'avait qu'un rapport très éloigné avec la vision romancée proposée dans L'Île au trésor ou Pirates des Caraïbes. Ce qui ne nous empêche pas de chaudement vous les recommander !

Mais alors, qu'en était-il réellement ? Voilà ce que nous vous proposons de découvrir.
Et si vous ne trouvez pas la réponse, utilisez notre formulaire pour nous poser la question.

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  1. À propos des pirates : qui étaient les pirates ?
  2. À propos des pirates : quelle est la différence entre un pirate, un boucanier, un flibustier et un corsaire ?
  3. À propos des pirates : que signifie l'expression « pendre haut et court » ?
  4. À propos de la vie en mer : qu'est-ce que le scorbut ?
  5. À propos de la vie en mer : qu'est-ce que le typhus ?
  6. À propos des canons : combien pesait un canon et combien fallait-il d'hommes pour les manier ?
  7. À propos du Jolly Roger : à quoi ressemblaient les pavillons des pirates et quelle était leur signification ?
  8. À propos du Jolly Roger : à qui appartenaient les différents pavillons de pirates qu'on voit partout ?
  9. À propos du degré d’alcool : comment mesurait-on le degré d'alcool d'une boisson ?

Le saviez-vous ?

À propos des pirates : qui étaient les pirates ?

Les pirates n'avaient que très peu de rapports avec les pirates romanesques et hollywoodiens. La piraterie augmentait généralement après une guerre, quand les marins, délaissés par les nations, se retrouvaient désœuvrés et dans la misère. Ils menaient une vie dure et ingrate, mais pour beaucoup préférable aux marines étatiques régulières. Ce qui en dit long sur les conditions de vie en mer.

  • La carrière d'un pirate était généralement courte : environ deux ans.
  • L'âge moyen d'un pirate se situait entre vingt et vingt-cinq ans.
  • Les pirates s'éloignaient rarement des côtes.
  • Les pirates préféraient des embarcations modestes et rapides, comme le sloop ou la goélette.
  • Leurs armes de prédilection étaient :
    • le mousquet
    • le pistolet
    • le sabre d'abordage (à la fois une arme et un outil)
    • la grenade et la bombe incendiaire
    • la hache d'abordage (elle aussi une arme autant qu'un outil)
  • Ils étaient disciplinés et la vie à bord était très stricte et régulée.
  • Élu et révocable, le capitaine ne s'occupait généralement que de la partie martiale et rarement de la navigation. Les décisions importantes étaient votées.
  • L'engagement d'un individu au sein d'un équipage se faisait sous contrat.
  • Le butin était divisé en parts : une pour les hommes, généralement une et demie pour les officiers et rarement plus de deux pour le capitaine. Une partie était aussi consacrée pour dédommager les blessés.
  • Les pirates n'enterraient pas leur butin : généralement des produits de consommation courante (étoffe, épices, tabac, nourriture ou encore boisson), ils consommaient ce qu'ils ne revendaient pas et dilapidaient leurs gains.
  • La plupart des pavillons n'étaient pas décorés. En revanche, ils revêtaient une signification importante. Sur fond noir, le combat à mort peut-être évité. Sur fond rouge, pas de quartier.
  • La démarche des pirates somaliens actuels est certainement très proche de celle des pirates des dix-septième et dix-huitième siècles.

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À propos des pirates : quelle est la différence entre un pirate, un boucanier, un flibustier et un corsaire ?

  • Le pirate est un hors-la-loi qui parcourt les mers en vue de piller pour son propre compte, sans distinction de nationalité. S'il est capturé, il est pendu haut et court.
    La piraterie n'est pas propre aux Caraïbes, elle ne se cantonne pas à l'Occident et encore moins aux 17e et 18e siècles. Elle existe depuis l'Antiquité (Jules César lui-même fut capturé par des pirates), et elle est toujours pratiquée aujourd'hui (de la piraterie informatique aux pirates somaliens).
    Le mot « pirate » vient du latin « pirata », issu du grec « peiratès » (racine « peiran »), qui signifie « celui qui entreprend », « celui qui tente fortune ».
  • Le corsaire dispose d'un document par lequel un pays le reconnaît comme force militaire auxiliaire : la lettre de marque. Ils agissent donc au service de leur pays. Et s'il est capturé, sa lettre de marque lui assure le sort de prisonnier de guerre. La lettre de marque contraint le corsaire à n'attaquer que les ennemis de son souverain. À une époque où l'information prenait du temps pour se diffuser et où les alliances changeaient régulièrement, le risque d'erreur était grand.
    C'est ce qui est arrivé à Sir Henry Morgan. Il attaqua Panama — donc l'Espagne — pour le compte de la Couronne anglaise alors qu'un traité de paix avait été signé entre les deux nations.
    Le corsaire travaille généralement pour le compte de sociétés par actions. Celle-ci désigne les bâtiments, finance l'expédition et partage le bénéfice des prises. C'est, en définitive, un mercenaire.
    Reste que dans les faits, des corsaires à la morale élastique profitèrent de leurs lettres de marque pour piller comme des pirates. Une fois de plus, le cas de Sir Henry Morgan vient à l'esprit. Ou Blackbeard (Barbe-Noir) qui débuta sa carrière sur un navire corsaire.
    Le mot « corsaire » est la traduction de l'anglo-saxon « privateers ».
  • Le boucanier est un chasseur. Il fait le commerce de peaux et de viande fumée pour la conservation (le boucanage, technique apprise des Indiens Arawak). Renégats, marins déserteurs, esclaves en fuite, ils ne s'intégraient pas aux colonies européennes.
    Le mot « boucanier » est dérivé du caraïbe « boucan », qui est un gril de bois servant à fumer la viande.
  • Le flibustier est traditionnellement un marin français, anglais et hollandais des Antilles qui attaque les Espagnols et les Portugais aux 17e et 18e siècles. Les flibustiers fuyaient probablement les persécutions religieuses et/ou les guerres civiles en Europe, s'ils n'étaient pas tout simplement d'anciens marins sans emploi après le traité de Madrid, qui mit fin à la guerre entre l'Angleterre et l'Espagne.
    On trouve également de nombreuses références à des boucaniers ayant rejoint la flibuste suite à la disparition du gibier. Ou tout simplement par intérêt.
    Si les flibustiers agissent pour le compte et non celui d'une Couronne, la France, l'Angleterre et les Pays-Bas les tolérèrent, car ils affaiblissaient l'Espagne.
    L'image du pirate des Caraïbes que l'on se fait ? Le Frère de la Côte de l'âge d'or de la piraterie ? C'est probablement un flibustier.
    Le mot flibustier vient de l'ancien anglais « flibutor », lui-même emprunté au néerlandais « vrijbueter » — « libre faiseur de butin » —, devenu par la suite « freebooter », et traduit par « friboutier » puis « flibustier » en français.

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À propos des pirates : que signifie l'expression « pendre haut et court » ?

Il s'agit d'exécuter une personne par pendaison. « Haut » pour que tout le monde la voie. « Court » pour économiser sur les frais de cordage, car un condamné à mort ne vaut pas la corde pour le pendre.

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À propos de la vie en mer : qu'est-ce que le scorbut ?

Le scorbut (scurvy en anglais) est une maladie due à une carence en acide ascorbique (vitamine C). Appelé « la peste des mers » par les marins, le scorbut se traduit chez l'être humain par la fatigue, la raideur des membres, le déchaussement des dents et la purulence des gencives, des hémorragies, puis la mort.

Le scorbut est la principale maladie à bord (suivie par le typhus), surtout durant les voyages au long cours qui peuvent durer plusieurs mois. Dans The Cambridge World History of Food, R.E. Hughes estime la mortalité liée au scorbut maritime à plus d'un million de victimes entre 1600 et 1800.
Du 15eau 18e, les navires européens embarquaient essentiellement des salaisons, des légumes secs et des biscuits de mer, pour d'évidentes raisons de conservation. Même ainsi, la nourriture moisissait et grouillait d'insectes, de vers et d'œufs.

Les chirurgiens de marine reconnaissent la maladie dès le 15e siècle :

  • 1497 : Vasco de Gama perd 120 marins sur 160 en onze mois ;
  • 1519 : Fernand de Magellan perd 247 marins sur 260 en trois ans ;
  • 1536 : Jacques Cartier perd 25 marins sur 110 en cinq mois.
  • 1741 : Georges Anson perd 606 marins sur 961 en huit mois.

En 1604, François Martin mentionne dans Description du premier voyage fait aux Indes orientales par les Français qu’il n'y a rien meilleur pour se préserver de cette maladie que de prendre souvent du jus de citron ou d'orange, ou manger souvent du fruit, ou bien faudra faire provision des sirops de limon, d'oseille, d'épine-vinette, d'une herbe appelée coclearia, qui semble porter en soi le vrai antidote, et en user souvent.

En 1747, le médecin écossais James Lind réalise une expérience montrant que les oranges et les citrons guérissent le scorbut. Malheureusement, Lind ignorait que concentrer le jus de citron par chauffage pour le transformer en sirop (afin d'obtenir un meilleur stockage) détruit la vitamine C.

En 1772, à bord du navire français L'Hirondelle, on confectionne un punch à base de rhum, de sucre, de citrons et d'oranges.

En 1795, le chirurgien naval anglais Gilbert Blane réglemente une ration quotidienne de jus de citron de trois quarts d'once pour chaque marin, additionnée de 10 % d'alcool. Blane ignorait cristalliser l'acide ascorbique avec l'alcool, assurant une conservation efficace.

Il faut attendre 1805 pour que Nicolas Appert invente la conserve alimentaire.

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À propos de la vie en mer : qu'est-ce que le typhus ?

Dans le contexte qui nous intéresse — c’est à dire la marine en bois et à voile de la Renaissance —, il s’agit essentiellement du typhus murin, que transmet la puce du rat, ainsi que du typhus amaril également connu sous les noms de « fièvre jaune », « mal de Siam » ou « vomi noir ».

L’absence d’hygiène et les conditions de vie à bord d’un navire en faisait un endroit idéal pour le développement d’agents infectieux :

  • L'humidité, l’eau de mer passant à travers les parois et les déjections s'accumulaient au fond de la cale, formant ce que le médecin de marine Jean-Baptiste Fonssagrives appelle le marais nautique dans son Traité d'hygiène navale. Étaient alors réunies toutes les conditions pour la proliférations des rats et des moustiques.
  • Jusqu'à la fin du 18e siècle, les matelots ne se lavaient pas. Ils gardaient également les mêmes vêtements pendant des semaines.

Le mot « typhus » vient du grec « τῦφος » (tuphos) : « stupeur », « torpeur ».

Le typhus murin

Le typhus est le nom générique donné à un groupe de maladies similaires.
Le typhus a longtemps été confondu avec d’autres affections, particulièrement la fièvre typhoïde.
Aujourd’hui, ce terme désigne plus spécifiquement le typhus exanthématique, transmis par le pou de corps, et le typhus murin, transmis par la puce du rat. Il s’agit d’infections provoquées par les bactéries de la famille des Rickettsies.

Ces maladies sont médicalement reconnues à partir du 15e siècle. Le typhus frappe surtout les adultes confinés et en situation précaire : sous-alimentation, hygiène déplorable, etc. Il se retrouve souvent dans les camps militaires, les navires, les prisons, etc.

En 1636, la Royal Navy fait la première description de cette fièvre à bord de navires. On l’appelle «#8239;typhus nautique », car elle devient extrêmement fréquente et particulièrement meurtrière dans les marines européennes. À titre d’exemple, la Royal Navy a perdu 150 000 hommes durant la guerre de Sept Ans :

  • 70 000 désertions ;
  • 75 000 décès par maladie ;
  • 1 500 morts au combat.

Le typhus amaril

Le typhus amaril est dû au virus de la fièvre jaune, transmis par les moustiques dans les forêts équatoriales.
Lorsqu’il est communiqué à l’homme, ce dernier développe une fièvre jaune humaine dite sylvatique. De retour en zone habitée, le malade est de nouveau piqué et la maladie à nouveau transférée. Cette fois dans sa forme dite urbaine (ou rurale suivant le contexte), purement humaine et épidémique.

La maladie a été reconnue au 16e siècle lorsque des marins européens la contractèrent aux îles Canaries, au Cap-Vert, à Sao Tomé, et dans le golfe du Bénin. Mais il faut attendre le 19e siècle pour que le vecteur soit identifié : dès 1818 avec la transmission aérienne de miasmes provenant d’eaux sales et usées ou de matières organiques en décomposition ; en 1881 pour que soit émise l’hypothèse de la transmission par les moustiques. Les vaccins, eux, n’arriveront qu’en 1934 et 1936.

La fièvre jaune est singulièrement meurtrière :

  • En 1730, 2 220 personnes meurent à Cadix.
  • En 1793, elle emporte 10 % des habitants de Philadelphie, soit environ 5 000 morts.
  • En 1805, elle tue un tiers de la population de Gibraltar.
  • En 1821, quelque 20 000 personnes en meurent à Barcelone.
  • En 1853, 7 849 résidents de La Nouvelle-Orléans périssent de la fièvre jaune.
  • En 1878, 13 000 morts dans la vallée du Mississippi.

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À propos des canons : combien pesait un canon et combien fallait-il d'hommes pour les manier ?

Le poids d’un canon est d'environ deux cents fois celui de son boulet. On compte un servant pour 600 livres (en France, une livre correspondait à environ 550 grammes).
L'affût est le bâti qui supporte le canon.

  • Un canon projetant des boulets de 8 livres pèse 1 600 livres, son affût 400 livres et trois servants sont nécessaires.
  • Un canon projetant des boulets de 12 livres pèse 2 400 livres, son affût 500 livres et cinq servants sont nécessaires.
  • Un canon projetant des boulets de 18 livres pèse 3 600 livres, son affût 700 livres et sept servants sont nécessaires.
  • Un canon projetant des boulets de 24 livres pèse 4 800 livres, son affût 900 livres et dix servants sont nécessaires.
  • Un canon projetant des boulets de 36 livres pèse 7 200 livres, son affût 1 200 livres et quatorze servants sont nécessaires.

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À propos du Jolly Roger : à quoi ressemblaient les pavillons des pirates et quelle était leur signification ?

La plupart des pirates hissaient le pavillon de leur nation d’origine. Le Jolly Roger — le pavillon des pirates — servait à faire passer un message clair au moment de l’attaque.

Capturé par des pirates en 1724, le capitaine Richard Hawkins précise : Quand ils se battent sous le Jolly Roger, ils accordent quartier, ce qu’ils ne font pas quand ils se battent sous le drapeau rouge ou sanglant.

Malgré son immense popularité dans l’imaginaire contemporain, le Jolly Roger ne fut utilisé que par les pirates d’origine anglaise et nord-américaine qui sévissaient dans les Antilles et dans l’Atlantique Nord. Et uniquement durant le premier quart du dix-huitième siècle, c’est-à-dire à la fin de l’âge d’or de la piraterie.

En France, hisser le pavillon noir est interdit. En Angleterre, il est encore utilisé par les sous-marins regagnant leur base.

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À propos du Jolly Roger : à qui appartenaient les différents pavillons de pirates qu'on voit partout ?

En cours de rédaction.

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À propos du degré d’alcool : comment mesurait-on le degré d'alcool d'une boisson ?

Le terme anglais « proof » utilisé pour mesurer le degré d’alcool d’une boisson remontre au seizième siècle. À cette époque, les taxes sur les spiritueux variaient en fonction de leur teneur en alcool.

On les testait en imbibant de la poudre noire. Si la poudre pouvait encore brûler, cela signifiait que la teneur en alcool était élevée, et par conséquent la taxe était plus importante. Cela prouvait également la qualité de l’alcool, notamment le rhum, pour s’assurer qu’il n’était pas coupé.

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